Politique d’accueil des SDF : traiter le mal à la racine.

Politique d’accueil des SDF : traiter le mal à la racine.

Lors de la « nuit de la solidarité» organisée en février dernier, les bénévoles avaient recensé 3 035 personnes vivant dans la rue et sans aucune solution d’accueil. Pour pallier ce manque de places d’hébergement d’urgence, l’Hôtel de ville de Paris a décidé de créer près de 1500 places d’accueil dans plusieurs de ses bâtiments. Parmi celles-ci, certaines seront exclusivement réservées à des femmes souvent victimes de pression voire de violence. Je ne peux que féliciter Anne Hidalgo pour cette initiative et l’inciter vivement à poursuivre ses efforts pour lutter contre la pauvreté.
Toutefois, il ne faut pas perdre de vue que si des solutions d’hébergement temporaires s’imposent, traiter le mal à la racine doit être notre priorité. En cause, un problème d’insertion sociale, professionnelle et un manque de suivi des personnes en situation de précarité.
Plus que jamais, il faut que la Ville soit au côté de l’Etat dans cette bataille.
Dans cette perspective, la loi ELAN adoptée le 16 octobre 2018 propose des solutions pour loger les personnes sans-abris en réquisitionnant des logements vacants. Celle-ci propose notamment de réformer la procédure de réquisition avec attributaire pour y prévoir la possibilité de réquisitionner des locaux vacants depuis plus de 12 mois à des fins d’hébergement, pour une durée de deux ans ou plus.
Elle vient en complément d’une politique de logement plus large destinée à adapter les logements aux besoins des locataires : que ce soit en réexaminant la situation des ménages tous les six ans, en développant l’offre de caution solidaire « Visale » pour tous ou en proposant des contrats de location à durée variable pour favoriser la mobilité. Elle vise également à faciliter l’accessibilité aux nouvelles infrastructures pour les personnes handicapées.
En Île-de-France près de 3,5 millions de m² de bureaux sont aujourd’hui temporairement ou définitivement vacants. Le temps que leur propriétaire développe un nouveau projet, qui va nécessiter d’obtenir des autorisations et des professionnels pour réaliser des travaux (temps estimé entre 12 et 18 mois), la réquisition permettra de réquisitionner utilement les locaux afin de les mettre à profit des plus démunis sous l’autorité du préfet.
Trouver des solutions pour lutter plus efficacement contre la pauvreté et l’exclusion doit être notre priorité afin que, fidèles à notre devise, nous puissions assurer à tous nos concitoyens plus de sécurité dans leur vie au quotidien.

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