Conseil de Paris – Juin 2018

Conseil de Paris – Juin 2018

Deux axes centraux ont été au cœur des débats : le budget supplémentaire tout d’abord et la défense des personnes LGBTI. L’actualité parisienne et nationale ont amené de nombreux vœux et interventions, notamment sur la situation des migrants, sur les lois ELAN, Agriculture EGALIM et sur Parcoursup.

Les conseillers de Paris ont voté le budget supplémentaire de la ville. Un budget où le réalisme l’emporte, puisque les annonces de l’exécutif restent sobres. Les nouvelles inscriptions sur le budget fonctionnement sont limitées, les investissements marquent le pas. Cependant, le groupe Démocrates et Progressistes restera vigilant sur cette sobriété annoncé au Conseil de Paris, mais qui parfois devant les journalistes est remplacée par des annonces intempestives de l’exécutif. Ces annonces qui à l’approche des échéances municipales ont la fâcheuse manie de se multiplier.

Ce budget était accompagné d’un contrat passé avec l’État sur la limitation de l’endettement de la ville de Paris. Le gouvernement a voulu avec les plus grandes collectivités changer de méthodes. Désormais la confiance et la responsabilisation seront les prismes principaux de la relation État – Collectivités. Paris ne devra pas augmenter ses dépenses de plus d’1.14%, un taux suffisant, puisque depuis 2015, l’augmentation variait entre 0.4 et 0.7%.  La capacité de désendettement ne doit pas dépasser les 12 années. Ce contrat annoncé par certains comme un plan de rigueur pour Paris ou une cure d’austérité par les mêmes, est au final satisfaisant pour le groupe DP et l’exécutif. Il permettra une maîtrise raisonnable des finances tout en rompant avec la baisse quantitative et durable des dotations.

La communication de la Maire à la veille de la Marche des fiertés 2018 et des Gay Games sur les personnes LGBTI a été dans l’ensemble bien accueillie. Une communication et des annonces qui se sont basées sur le travail remarquable de Jean Luc Romero, à qui tout le Conseil a voulu rendre un hommage et une compassion après la perte brutale de son mari. Rappeler que l’homophobie est toujours importante et parfois mortelle dans le monde mais aussi en France, en 2018, n’est pas vain. Les discriminations pour l’orientation sexuelle au travail, pour l’accès au logement, à l’école, dans le monde du sport sont aujourd’hui toujours présentes. Si l’ADN de Paris est de protéger toutes les minorités, si les personnes LGBTI ont toujours été actives dans les différentes institutions parisiennes, force est de constater que le compte n’y est pas. Nous devons tous, acteurs associatifs, acteurs privés, institutions, citoyens nous engager à lutter contre les préjugés, contre les discriminations directes et indirectes que nous faisons et que nous voyons. Lutter contre les actes homophobes qui ont augmenté de 4.8% l’an passé, est essentiel, comme le rappelait ma collègue, Fadila Mehal. Nous pouvons cependant nous réjouir de voir qu’à Paris c’est bien l’amour qui gagne. 10% des mariages célébrés depuis 2013 ont été contractés par des personnes homosexuelles contre 3% au niveau national. Enfin, Paris organisera les Gay Games au mois d’aout. Des épreuves sportives organisées par les associations LGBT mais ouvertes à tous, afin de promouvoir l’inclusion par le sport. Un évènement qui devra rassembler à Paris le monde du sport, la diversité et la liberté de vivre tel que nous sommes.

Le groupe Démocrates et Progressistes a depuis plusieurs mois une ligne claire. Proposer pour libérer, protéger, unir les parisiens et défendre le gouvernement. Une fois encore, nous avons tenu cette ligne. Le groupe demanda à l’exécutif d’établir pour les bibliothèques de nouveaux partenariats avec les opérateurs associatifs, culturels et scientifiques de la ville de Paris. Soucieux des déséquilibres démographiques nous avons demandé à l’exécutif un diagnostic détaillé et un plan d’actions global pour enrailler la chute importante constatée et prévue de la population dans les arrondissements centraux. Pour remplacer le temporaire par le provisoire nous avons demandé à la mairie d’aménager un mobilier urbain plus adéquat que les blocs de bétons aux entrées des quais de Seine. Face aux désastres de la propreté du Canal St Martin et du Canal de l’Ourcq, nous avons proposé à la maire de renforcer la présence sur ces quais de la brigade de lutte contre les incivilités. Conscient que la propreté est un enjeu pour Paris, le groupe demandait pendant ce conseil une meilleure communication autour des éteignoirs pour cigarettes et une réflexion sur l’intégration ou le changement de place des cendriers et aubettes aux points stratégiques. Enfin, le vœu qui demandait à la ville de Paris de condamner les blocages des universités a été, après de vifs débats, voté avec l’appui des groupes d’opposition et d’un choix de l’exécutif de laisser voter les membres de la majorité en conscience.

Je suis intervenue pour ma part sur le débat organisé autour du vœu de l’exécutif relatif à la situation des migrants. J’ai pu rappeler les bonnes conditions d’accueil de ces personnes après leur évacuation. J’ai indiqué au Conseil de Paris le rôle important de l’État, rétablissant des vérités omis, notamment sur la création des 5 centres d’accueil en Ile de France avec plus de 750 places. J’ai souhaité rappeler le principe de l’État de droit, où les accords internationaux et les lois peuvent être sujets à discussions mais qui doivent s’appliquer. J’ai pointé le fait que l’accueil indifférencié et sans respect du droit n’est pas une solution, il faut appliquer la procédure Dublin. Sans ça, on accepterait la venue de centaines de milliers de migrants refoulés en Allemagne, venant d’Italie ou de Grèce sans avoir les capacités de les accueillir. La question migratoire est appelée à durer, les solutions à l’échelon européen sont à trouver.

Un conseil de 3 jours avec des positions qui se sont affirmés mais qui a vu sur des sujets importants une unanimité rappelant que Paris, plus qu’ailleurs reflète les avancées de notre temps.

 

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